04 Février 2012
La lettre de septembre 2009
- [EXTERNALISATION] L'outsourcing résoud la question de l'offre, pas celle de la demande
- [MEILLEURE PRATIQUE] La Défense se met à l'écoute des utilisateurs
- [R&D] Les PME technologiques innovantes, parents pauvres du Grand emprunt
- [INNOVATION] Le mauvais palmarès des nouvelles technologies récentes
- [REVUE DE DROIT] Le commerce électronique teste les limites du droit
- [SAVOIRS] La clef USB, petite fille de la disquette et arrière petite fille de la carte à perforer
- [MARCHÉ] Le ROI ne fait pas toujours vendre des produits informatique et télécom
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[R&D] Les PME technologiques innovantes, parents pauvres du Grand emprunt
Dossier - la lettre de septembre 2009
SEULS LES GRANDS GROUPES INDUSTRIELS POURRAIENT BENEFICIER DU TRES FORT SOUTIEN FINANCIER DU GOUVERNEMENT. Développement national du très haut débit, fibre optique, progiciels professionnels à base de jeux vidéo, création plates-formes Web 2.0. Le gouvernement multiplie les annonces de soutien aux projets numériques. Les projets financés par le Grand emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy reprennent des idées déjà annoncées ou en cours de financement. Principalement à destination des grands groupes.
Par Hubert d’Erceville, Guide Informatique
Par Hubert d’Erceville, Guide Informatique
« Dessiner la France de l’après crise avec de grands projets d’avenir ». L’ambition du grand emprunt de 50 à 80 milliards d’euros que le gouvernement s’apprête à lancer est très grande. Mais quelle place, et surtout quel niveau de soutien, y prendront les projets liés à l’innovation technologique et à l’économie numérique, au développement de progiciels, à la recherche en informatique et télécom ? Personne ne le sait, mais les discours et les annonces actuelles indiquent qu’Alain Juppé et Michel Rocard, qui président aux travaux de la commission, devraient rester dans les rails habituels des grands projets industriels et, comme toujours, peu explorer la sphère de l’innovation bouillonnante des PME aux laboratoires de R&D et aux centres d’études dynamiques.
Peu d’agilité, beaucoup d’idées déjà éculées. Le rôle du Grand emprunt se limiterait-il à un unique soutien financier aux grands groupes industriels ? Les PME et les structures habituelles de l’innovation en serait-elles exclues ? Plusieurs réflexions et argumentaires incitent à se poser des questions.
D’abord sur le principe et la personnalité des deux anciens premiers Ministres puisque Alain Juppé et Michel Rocard se reconnaissent eux-mêmes comme peu technophiles. Pour Oriane Claire, sur www.Slate.fr , leur confier la responsabilité de présider aux grandes lignes d'investissements « en dit long sur l'idée que Nicolas Sarkozy se fait des orientations à donner en matière de développement économique et en particulier sur la nécessité de rajeunir le tissu industriel français ».
Pour la journaliste, l'avenir de l’économie nationale est entre les mains de deux anciens premiers Ministres aux bilans contestables, très orientés grosses structures, et âgées respectivement de 64 et 79 ans.
Ensuite au niveau de la composition de la commission. La trentaine de membres, telle que déjà listée dans les médias, appartient davantage au monde du patronat, de la politique, de l’économie, ou des institutions que du secteur précis de l’innovation, du numérique, voire de la R&D. Seuls une poignée fait partie du monde de la recherche ou de l’invention débridée. A ce titre, le plus technophile serait l’ancien patron de Thalès et de Thomson CSF, on aurait pu trouver mieux !
On note aussi la curieuse absence de vrais spécialistes du monde de la PME, de l’innovation technologique, de l’informatique et des télécoms. Pas, non plus, de personnalités connaissant le monde du soutien à l’innovation : Oséo, structures d’aides à la création, pôles de compétitivité et autres réseaux régionaux qui ouvrent déjà depuis des années dans le milieu boulonnant de la « nouvelle économie ».
Puis, sur la méthode et la procédure suivie qui semble peu foisonnante. Mis à part l’avis de ses membres, la commission ne devrait pas faire appel à d’autres sources de réflexion pour identifier « les grand projets d’avenir qui dessineront la France de l’après crise ». Pas de site internet ou de cercles d’idées (think thank), ni d’appel à idées ou de colloque de réflexion, comme c’est souvent le cas lors du lancements de grandes actions nationales. Même les sites web du gouvernement, celui du ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi en particulier, semblent ignorer la commission, se contentant de relater son installation par Nicolas Sarkozy.
Enfin, sur le contenu annoncé des idées et des projets. Encore peu de nouveautés : les annonces actuelles mettent en avant les sempiternelles propositions sur la nécessité de développer nationalement le très haut débit, le besoin récurent de disposer d’un réseau de fibre optique, la nécessité de créer des jeux vidéos à usage professionnels, ou la création plates-formes de type Web 2.0. Rien de bien nouveau par rapport au plan de relance annoncé le 6 mai dernier par la secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’Economie Numérique à l’Économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet.
A l’époque elle pointait déjà trois axes de relance : l’accès pour tous au haut débit fixe d’ici 2010 et au haut débit mobile d’ici 2012, la réalisation d’outils professionnels à partir des techniques du jeu vidéo et le déploiement de plates-formes web 2.0.
Dans les faits, toutes ces mesures complètent le Plan France Numérique 2012, présenté par Eric Besson en octobre 2008, qui propose l’accès haut débit à tous, le déploiement de la fibre optique, le lancement de projets numérique, une quatrième licence 3G et la protection du droit d’auteur numérique. Ce plan concerne aussi les éditeurs informatiques car il prévoit deux appels à projets en recherche développement et innovation : 20 millions d’euros sont dédiés au développement de progiciels professionnel utilisant les techniques du jeu vidéo (serious game ), et 10 millions d’euros à des plates-formes Web 2.0. On y retrouve la plupart des thèmes actuellement mis en avant, au titre de l’économie numérique, par Alain Juppé et Michel Rocard. Les projets d’innovation se suivent et se ressemblent donc.
Les modalités définitives du financement et la liste des projets qui seront financés seront précisées mi novembre 2009. Les grands groupe devraient en être les principaux bénéficiaires. Mais les PME innovantes peuvent toutefois encore espérer y figurer : le premier Ministre, François Fillon, vient de rappeler que l’emprunt servirait en priorité certains secteurs stratégiques, parmi lesquels le numérique et le logiciel, car cela « irrigue d’une manière croissante tous les secteurs industriels ».
Peu d’agilité, beaucoup d’idées déjà éculées. Le rôle du Grand emprunt se limiterait-il à un unique soutien financier aux grands groupes industriels ? Les PME et les structures habituelles de l’innovation en serait-elles exclues ? Plusieurs réflexions et argumentaires incitent à se poser des questions.
L'idée de rajeunir le tissu industriel français
D’abord sur le principe et la personnalité des deux anciens premiers Ministres puisque Alain Juppé et Michel Rocard se reconnaissent eux-mêmes comme peu technophiles. Pour Oriane Claire, sur www.Slate.fr , leur confier la responsabilité de présider aux grandes lignes d'investissements « en dit long sur l'idée que Nicolas Sarkozy se fait des orientations à donner en matière de développement économique et en particulier sur la nécessité de rajeunir le tissu industriel français ».
Pour la journaliste, l'avenir de l’économie nationale est entre les mains de deux anciens premiers Ministres aux bilans contestables, très orientés grosses structures, et âgées respectivement de 64 et 79 ans.
La curieuse absence de vrais spécialistes du monde de la PME
Ensuite au niveau de la composition de la commission. La trentaine de membres, telle que déjà listée dans les médias, appartient davantage au monde du patronat, de la politique, de l’économie, ou des institutions que du secteur précis de l’innovation, du numérique, voire de la R&D. Seuls une poignée fait partie du monde de la recherche ou de l’invention débridée. A ce titre, le plus technophile serait l’ancien patron de Thalès et de Thomson CSF, on aurait pu trouver mieux !
On note aussi la curieuse absence de vrais spécialistes du monde de la PME, de l’innovation technologique, de l’informatique et des télécoms. Pas, non plus, de personnalités connaissant le monde du soutien à l’innovation : Oséo, structures d’aides à la création, pôles de compétitivité et autres réseaux régionaux qui ouvrent déjà depuis des années dans le milieu boulonnant de la « nouvelle économie ».
Pas de site internet, de think thank, ni d’appel à idées
Puis, sur la méthode et la procédure suivie qui semble peu foisonnante. Mis à part l’avis de ses membres, la commission ne devrait pas faire appel à d’autres sources de réflexion pour identifier « les grand projets d’avenir qui dessineront la France de l’après crise ». Pas de site internet ou de cercles d’idées (think thank), ni d’appel à idées ou de colloque de réflexion, comme c’est souvent le cas lors du lancements de grandes actions nationales. Même les sites web du gouvernement, celui du ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi en particulier, semblent ignorer la commission, se contentant de relater son installation par Nicolas Sarkozy.
Rien de nouveau par rapport au plan de Nathalie Kosciusko-Morizet
Enfin, sur le contenu annoncé des idées et des projets. Encore peu de nouveautés : les annonces actuelles mettent en avant les sempiternelles propositions sur la nécessité de développer nationalement le très haut débit, le besoin récurent de disposer d’un réseau de fibre optique, la nécessité de créer des jeux vidéos à usage professionnels, ou la création plates-formes de type Web 2.0. Rien de bien nouveau par rapport au plan de relance annoncé le 6 mai dernier par la secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’Economie Numérique à l’Économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet.
A l’époque elle pointait déjà trois axes de relance : l’accès pour tous au haut débit fixe d’ici 2010 et au haut débit mobile d’ici 2012, la réalisation d’outils professionnels à partir des techniques du jeu vidéo et le déploiement de plates-formes web 2.0.
20 millions d’euros aux "serious game", 10 millions au Web 2.0
Dans les faits, toutes ces mesures complètent le Plan France Numérique 2012, présenté par Eric Besson en octobre 2008, qui propose l’accès haut débit à tous, le déploiement de la fibre optique, le lancement de projets numérique, une quatrième licence 3G et la protection du droit d’auteur numérique. Ce plan concerne aussi les éditeurs informatiques car il prévoit deux appels à projets en recherche développement et innovation : 20 millions d’euros sont dédiés au développement de progiciels professionnel utilisant les techniques du jeu vidéo (serious game ), et 10 millions d’euros à des plates-formes Web 2.0. On y retrouve la plupart des thèmes actuellement mis en avant, au titre de l’économie numérique, par Alain Juppé et Michel Rocard. Les projets d’innovation se suivent et se ressemblent donc.
Le Progiciel parce qu'il irrigue tous les secteurs industriels
Les modalités définitives du financement et la liste des projets qui seront financés seront précisées mi novembre 2009. Les grands groupe devraient en être les principaux bénéficiaires. Mais les PME innovantes peuvent toutefois encore espérer y figurer : le premier Ministre, François Fillon, vient de rappeler que l’emprunt servirait en priorité certains secteurs stratégiques, parmi lesquels le numérique et le logiciel, car cela « irrigue d’une manière croissante tous les secteurs industriels ».
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